# Ce qu’il faut savoir à propos de l’amiante et sa réglementation

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- Published: 2020-10-23T13:26:41-04:00
- Author: Christian Lebeau-Jacob, Microbiologiste

**Au cours des dernières années, le Canada a finalement emboîté le pas de la majorité
des pays industrialisés et a interdit l’importation et la production de matériaux
contenant de l’amiante, plusieurs décennies après que ceux-ci furent identifiés 
comme étant la cause de plusieurs pathologies pulmonaires. Bien que son utilisation
soit maintenant restreinte, voire interdite, qu’en est-il de l’amiante restant et
ses normes de sécurité ?  **

Tout d’abord, l’amiante désigne un groupe de minerai utilisé commercialement qui
a la particularité d’être hautement fibreux. Ces minéraux ont principalement été
utilisés pour leur profil unique offrant une grande malléabilité, une forte résistance
à la chaleur, aux acides et à l’humidité.

**Où retrouve-t-on l’amiante et pourquoi est-ce nocif ?**

Les différents types d’amiantes sont susceptibles de se retrouver dans à peu près
tous les matériaux résultant du mélange de plusieurs composantes. Les calorifugeages,
les flocages, les ciments et plâtres ainsi que les revêtements de vinyle en sont
quelques exemples. Il faut aussi savoir que l’amiante se retrouve parfois dans certains
produits en tant que contaminant et non pas parce qu’on l’a ajouté pour bénéficier
de ses propriétés. Les matériaux contenant notamment du talc ou du mica (vermiculite)
peuvent contenir de l’amiante sans qu’on en ait sciemment ajouté.

L’agencement de propriétés faisant de l’amiante un matériau unique est aussi à la
base de sa nocivité. Dans un premier temps, l’amiante peut se décomposer en fines
fibrilles pouvant demeurer longtemps en suspension dans l’air et ayant la capacité
de facilement voyager très loin dans l’appareil respiratoire. Une fois dans les 
alvéoles, responsable des échanges gazeux (O2 et CO2), les fibres persistent malgré
les attaques incessantes du système immunitaire grâce à leur grande résistance. 
Les dommages physiques, l’inflammation, l’accumulation d’enzymes de dégradation 
causeront avec le temps d’importants dommages limitant l’efficacité des échanges
gazeux dans les poumons et pouvant encourager le développement de certains cancers.

**Des normes de sécurité plus strictes pour les travailleurs en désamiantage **

Bien que la réglementation québécoise soit plus stricte qu’ailleurs dans certaines
mesures, notamment dans la définition de ce que constitue un matériau contenant 
de l’amiante, les limites d’exposition aux fibres d’amiante sont ici très élevées.

Les pays producteurs d’amiante, dont faisait partie le Canada il y a de ça une décennie
tout au plus, ont généralement une réglementation plus laxiste et ont historiquement
défendu la faible toxicité de l’amiante à faible dose. Maintenant que le Canada 
a aligné sa position sur celle de l’OMS et de la plupart des pays de la communauté
européenne, il va de soi que nous modifions les seuils d’exposition en conséquence.
Ce réajustement donnera de meilleurs outils pour protéger les travailleurs contre
ce fléau qui demeure la cause de mortalité la plus importante chez les travailleurs.

Une plus grande vigilance des autorités sur l’application des règles existantes 
devrait également faire partie d’un plan de resserrement. Les exemples de pratiques
hasardeuses sont légion malgré la présence d’un cadre réglementaire et le plan _Tolérance
0_ de la CNESST !

**Est-ce que la présence de fibres d’amiante justifie automatiquement des travaux
de désamiantage d’un bâtiment ? **

Non, pas nécessairement. Un bâtiment contenant de l’amiante, mais qui est en bon
état et ne représente pas de risque élevé de dégradation à court ou moyen terme 
ne nécessite pas de travaux de remplacement. Les fibres d’amiante, tant qu’elles
sont bien contenues dans le matériau, ne représentent aucun danger pour les occupants.

A priori, la présence d’amiante dans une maison ayant fait l’objet d’une vente ne
représente pas non plus un vice caché tant que l’utilisation respecte le code du
bâtiment et les règles de l’art de l’époque. 

À noter que dans le cadre de travaux de remplacement de matériaux isolants ou étanchéisant,
les propriétaires peuvent bénéficier de subventions visant l’amélioration du bâtiment
par l’entremise de programmes d’efficacité énergétique tels que [Rénoclimat](https://buildingexpert.ca/?page_id=89).
Il n’existe toutefois pas de programmes spécifiques pour l’enlèvement d’amiante.

La présence d’amiante reste une préoccupation importante lors de travaux de rénovation
et c’est pourquoi il est important d’en connaître le type et sa quantité. Si vous
soupçonnez la présence d’amiante, vous pouvez faire appel à un laboratoire compétent
dans l’identification du type d’amiante participant à un programme d’essais inter
laboratoire et étant reconnu par le Centre d’Expertise en Analyse environnementale
du Québec (CEAEQ), tel qu’est le cas pour notre laboratoire, [LAB’EAU-AIR-SOL](https://labeauairsol.ca).

**Liens utiles **

 * [Formation sur gestion sécuritaire de l’amiante](https://labeauairsol.ca/formations/formation-sur-lamiante/)
   de LAB’EAU-AIR-SOL
